Activités Des Artistes Musiciens

Activités Des Artistes Musiciens

Sviatoslav Richter

 

 

Sviatoslav RICHTER

 

 

            Sviatoslav RICHTERest né en Russie le mars 1915, à Jitomir, en Ukraine, dans une famille de musiciens professionnels. Son père, compositeur, lui enseigne le piano.

 

            Il débute sa carrière comme répétiteur à l'Opéra d'Odessa, avant d'entrer au Conservatoire de Moscou pour étudier avec le professeur Heinrich Neuhaus qui dira de lui : " C'est LE pianiste génial que j'attendais ".

 

            Taciturne et secret, il craint par dessus tout que les autorités soviétiques découvrent son homosexualité. Il se lie et vivra toute sa vie avec la soprano Nina Dorliak, de dix ans son aînée, qui lui servira à la fois de manager et d'alibi.

 

            Prix Staline en 1949, il joue dans les Pays de l'Est et joue le rôle de Liszt dans un film biographique du compositeur russe Mikhail Glinka.

 

            En 1953, à l'enterrement de Staline, il accompagne David Oistrakh dans la " Sonate N°1 " de Prokoviev, ce qui ne l'empêchera pas de jouer également à l'enterrement de l'écrivain dissident Boris Pasternak en 1960, année où il commence à se produire en occident.

 

            D'abord en Finlande, où il joue le " Concerto N°2 " de Brahms avec Erich Leinsdorf qui dirige l'Orchestre Symphonique de Chicago. (Enregistrement à ne rater sous aucun prétexte !)

 

            Sa tournée triomphale aux USA se termine par une série de concerts à Carnegie Hall
qui stupéfient les connaisseurs.

 

            A Londres, en 1961, il est sévèrement accueilli par la critique qui le traite de
"pianiste provincial de seconde zone ".

 

            En 1970, lors d'un concert à New York avec David Oistrakh, des manifestants anti-soviétiques manifestent violemment. Il jure de ne plus jamais retourner aux USA, et tiendra parole.

 

            Son attitude vis à vis des instances politiques s'exprime par une série de 150 récitals qu'il offre en Sibérie, presque gratuitement, à un public quasiment analphabète qu'il enflamme.

 

            Il continuera cependant de donner des concerts, souvent en musique de chambre, et
organise un festival annuel à la Grange de Meslay en France, et au Musée Pouchkine, à Moscou.

 

            Son répertoire, en constante évolution, est véritablement gigantesque. Il faut absolument l'avoir entendu jouer " Miroirs " de Ravel, la " Sonate N° 2 " de Prokofiev, les " Etudes " et la " Ballade N° 4 " de Chopin.

 

            Un dernier enregistrement de trois concertos de Mozart avec son vieil ami Rudolf Barshai à la tête de l'Orchestre National Symphonique Japonais de Shinsei en 1994.

 

            Il meurt à Moscou d'une crise cardiaque le 1 août 1997, alors qu'il travaillait les " Cinq Pièces pour piano D.459 " de Schubert.

 

 

Ma rencontre avec Sviatoslav RICHTER

 

            En 1976, j’étais alors Directeur Général d’une Société de Relations Publiques et, de par mes fonctions, j’ai été invité par l’Attaché Culturel de l’Ambassade de Russie à assister à un Concert VIP de Sviatoslav RICHTER dans la salle de Concert de l’Ambassade à Paris.

 

            Extérieurement, pour ceux qui ne la connaissent pas, l’Ambassade ressemble plus à un blockhaus qu’à un bâtiment ouvert sur le monde.

 

            Après les contrôles de sécurité obligatoires, nous avons été présentés et reçus chaleureusement par M. l’Ambassadeur et sa femme. A quelques pas se tenait Sviatoslav Richter, plus bougon que jamais et ne manifestant pas la moindre satisfaction d’être là. Nous nous sommes serré la main, je me souviens que la sienne était ferme et vigoureuse, puis sommes entrés dans la salle de concert qui est une véritable splendeur.

 

            Les invités étant installés, ce n’est qu’après des tonnerres d’applaudissements, une demi-heure plus tard, que le Maestro a daigné apparaitre toujours aussi peu souriant.

 

            Mais dès qu’il a touché le piano, joué la première note et plaqué les premiers accords, on a senti qu’il était entré dans un univers d’harmonie, loin d’un monde dans lequel il se sentait certainement déplacé et sa sincérité, son authenticité ont permis à la magie d’opérer. Il nous a livré son univers musical plein de sensibilité et de générosité pour nous le faire partager.

 

            Ce fût un moment intense de bonheur...

                                                                                                          Bernard Litzler



08/12/2011
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