Activités Des Artistes Musiciens

Activités Des Artistes Musiciens

Maurice André

Maurice André

 

Maurice André (né le 21 mai 1933, à Alès, et mort le 25 février 2012, à Bayonne) est un trompettiste français classique.

 

Il a été professeur de trompette au conservatoire national supérieur de musique de Paris où il a introduit l'enseignement de la trompette piccolo notamment pour le répertoire baroque. Inspirateur de nombreuses innovations de l'instrument, sa grande maîtrise technique et son profond sens artistique ont contribué pendant cinquante ans à populariser la trompette dans le monde entier.

 

Maurice André a joué et enregistré les grands concertos du répertoire avec les plus illustres chefs d'orchestre de son époque.

 

L'apprentissage et les débuts

 

Maurice André est issu d'une famille de mineurs. En 1944, il commence par apprendre le solfège durant deux années avant même de pouvoir toucher à son premier cornet, cadeau de prix, pour un père d'origine modeste. Il descend à la mine de 14 à 18 ans, tout en commençant à étudier la trompette, avec comme premier professeur son père, Marcel-Jean André, grand amoureux de musique classique. Son frère Raymond est également trompettiste et ils feront quelques concerts et enregistrements ensemble notamment le concerto pour deux trompettes de Vivaldi.

 

Ensuite, c'est Léon Barthélémy, secrétaire-comptable aux abattoirs d'Alès et ancien élève de trompette de Merri Franquin, qui dirigera le jeune Maurice André dans ses premières études musicales.

 

Au conservatoire de Paris, où il entre en 1951 après s'être engagé comme trompettiste dans le 8e régiment de transmissions, il est l’élève de Raymond Sabarich et obtient un premier prix d'honneur de cornet en 1952 et un premier prix de trompette l'année suivante (le 9 juillet 1953). Il entre dans l'orchestre symphonique de la société des conservatoires aux côtés de Louis Menardi. Rapidement, il s’impose comme la figure marquante d’une génération de trompettistes français : il est trompette solo aux concerts de l'orchestre Lamoureux (1953-1960), à l'orchestre philharmonique de l'ORTF (1953-1963) et à l'Opéra-Comique (1962-1967).

 

À l'automne 1953, il enregistre chez Erato son premier disque avec l'orchestre Jean-François Paillard où figurent des compositeurs italiens.

 

Il joue également au cirque Medrano, au théâtre Mogador… et réalise en même temps de nombreux enregistrements studio avec, notamment, Henri Salvador et Charles Trenet (trompette bouchée dans la chanson Nationale 7 en 1955).

L'ascension

En 1955, il obtient le premier prix du concours international d'exécution musicale de Genève. Il joue en soliste et sa carrière prend un essor international après le premier prix qu’il remporte au concours international de musique de l'ARD Munich en 1963. À noter qu'on l'avait d'abord sollicité pour faire partie du jury mais qu'il a préféré participer en tant que candidat n'ayant jamais tenté ce concours auparavant (il raconte lui même que le lauréat étant mieux rémunéré qu'un membre du jury, le choix était vite fait !. Après le succès de ces deux concours, il sera invité par les plus grands chefs d'orchestre en tant que soliste.

 

Il enchaîne concerts après concerts et illumine l'auditoire dans l'interprétation redoutable du 2e concerto brandebourgeois de Bach qu'il passe avec aisance et légèreté. Ce morceau deviendra son « signe de reconnaissance » avec la badinerie de la Suite en si mineur. De 1967 à 1978, il est professeur au conservatoire de Paris succédant à son maître Raymond Sabarich, il y introduit la petite trompette (piccolo) pour le répertoire baroque. Il y forme plus de cent trompettistes, parmi lesquels Bernard Soustrot, Guy Touvron, Éric Aubier, Thierry Caens, Jean-Paul Leroy et Pierre Palas, professeur de cornet-trompette à l'école intercommunale de musique de Saint-Junien (87).

 

Maurice André jouera avec les plus grands chefs : Jean-François Paillard (selon ses propres dires, le chef dont il épousait totalement les options artistiques), Karl Richter, Herbert von Karajan, Karl Münchinger, Riccardo Muti, Jesús López Cobos, Michel Plasson, Charles Mackerras, Karl Böhm, Léonard Bernstein, etc. Toujours avec simplicité et modestie.

 

En 1980, l'émission de Jacques Chancel - Le Grand Échiquier - lui ouvre ses portes et un très large et jeune public découvre son expression musicale. Le succès de cette émission poussera à renouveler l'expérience, 8 années plus tard.

 

Son activité discographique est impressionnante : il grave plus de 255 enregistrements dont près de 50 réalisés avec l'orchestre de chambre Jean-François Paillard.

 

Malgré une carrière remplie de succès, Maurice André n'a jamais oublié ses origines modestes auxquelles il fait référence à chaque concert ou émission de télévision. Il a notamment enregistré de nombreux airs populaires avec la même exigence que pour les grands concertos classiques.

 

Il vécut de nombreuses années à Presles-en-Brie où l'école publique porte son nom en son hommage. Il s'est ensuite retiré à Urrugne, au Pays basque, où il s'adonnait à la sculpture sur bois entre deux morceaux de trompette. Il a continué à donner des cours de maître à de jeunes trompettistes prometteurs, tel Rubén Simeó, etc.

 

En 2003, il est reconnu par ses pairs comme étant le trompettiste du siècle (XXe siècle).

 

Après une carrière intense menée jusqu'au début des années 1990, avec parfois près de 250 dates programmées dans une même année, Maurice André donne son dernier concert le 9 octobre 2008, à la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers, à l'âge de soixante-quinze ans.

Son apport à la musique

L'organiste Marie-Claire Alain et Maurice André au festival Bach de Saint-Donat en 1969.
 

Maurice André a considérablement fait évoluer le jeu de la trompette, qui est devenue, grâce à lui, un instrument virtuose, mais surtout, un instrument mélodique. Bon nombre d'œuvres baroques et classiques, tombées dans l’oubli en raison de leur difficulté technique (usage presque exclusif des tessitures aiguës) ont été ressuscitées grâce à lui. Il a réalisé de nombreux enregistrements notamment avec la célèbre organiste Marie-Claire Alain. Ensemble, ils réalisèrent de nombreuses tournées à travers toute la France.

 

Il a travaillé, en se basant sur un prototype des années 1950, en étroite liaison avec la célèbre maison Selmer qui fabrique, sur ses directives, une trompette piccolo en si bémol aiguë à quatre pistons spécialement adaptée à ce répertoire.

 

La trompette connaît, grâce à lui, une popularité nouvelle qui entraîne de nombreux émules dans son sillage. Il a suscité aussi des partitions nouvelles : concertos de Henri Tomasi, Boris Blacher et Marcel Landowski, Heptade et Arioso barocco d’André Jolivet, œuvres d’Antoine Tisné, Germaine Tailleferre et Jean-Claude Éloy. Il commandera aussi une œuvre à son ami Claude Bolling alliant trio jazz et le soliste classique : Toot suite. Sous son impulsion, la trompette a retrouvé les lettres de noblesse qu’elle avait acquises au XVIIIe siècle et l’école française s’est imposée comme la plus importante de la fin du XXe siècle.

 

Maurice André participe également de manière importante à la musique de kiosque de style champêtre, reprenant un vaste répertoire composé notamment au début du XXe siècle, formé de polkas, marches, scottish et mazurkas populaires, comme les célèbres Variations sur le carnaval de Venise, ou des airs populaires, comme Viens Poupoule, C'est l'piston (de Bourvil) ou Le Corso Blanc.

Ouvert à tous les styles, il interpréta également des musiques viennoises et de films.

 

En 1979, la ville de Paris crée le concours de trompette Maurice André, premier des concours internationaux de la Ville de Paris. En 2006 a eu lieu la sixième édition du concours (qui s'est tenu tous les 3 ans à partir de 1997). Le concours était présidé par Maurice André, et le jury choisi parmi les meilleurs trompettistes du monde entier.

 

Distinctions et récompenses

 

Outre les dizaines de disques d’or et de platine, Maurice André a reçu de nombreuses distinctions et récompenses.

 

En 1987, puis encore à trois reprises, les victoires de la musique classique lui sont décernées.

En France, il reçoit la légion d’honneur.

En Grande-Bretagne, il est nommé membre d’honneur de l’Académie royale de la capitale britannique. Il figure dans le grand livre parmi les trois cents plus grands musiciens de tous les temps, au même titre que Prokofiev, Mendelssohn ou Stravinsky.

En 2000, il reçoit la médaille d’or de l’Académie « Arts Sciences et Lettres ».

En 2006, les Américains le proclament officiellement « meilleur trompettiste du monde » devant Louis Armstrong, Miles Davis et Dizzy Gillespie.

Le dimanche 1er juin 2008, en sa présence et de celles de son épouse et de ses enfants, au cours de la messe d'action de grâce célébrée dans la cathédrale Saint-Jean-Baptiste d'Alès, il reçoit un message du pape Benoit XVI ainsi que la bénédiction apostolique du Saint Père.

Dans le monde entier, des écoles de musique portent son nom.



27/02/2012
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