Activités Des Artistes Musiciens

Activités Des Artistes Musiciens

Georges Enescu

 

 

Georges Enesco (1881 - 1955)

 

Une vie

          C'est le 19 août 1881, ou le 7 dans l'ancien calendrier orthodoxe, alors en vigueur en Roumanie, que naît Georges Enesco.
 

Son village natal, Liveni-Virnav, se trouve en Moldavie, au nord-est de la République roumaine actuelle, à quelques kilomètres seulement du lieu de naissance de Mihail Eminescu (1850 - 889), considéré comme le fondateur de la poésie nationale.

         

Selon l'usage local, son village natal a plus tard été rebaptisé du nom de l'illustre enfant du pays : les cartes actuelles mentionnent de nos jours le nom de George Enescu.

         

Costache, le père de George, est administrateur terrien. De nature curieuse, doté d'une grande mémoire, il a appris le latin et le français en autodidacte et a voyagé à travers l'Europe. Il joue très convenablement du violon et dirige même à l'occasion des chorales.

 

Sa femme, Maria, l'accompagne souvent à la guitare. Mais elle souffre d'une terrible malédiction : quatre de ses enfants sont mort-nés; les sept autres sont morts avant d'atteindre la maturité. Le plus âgé n'avait que 12 ans...
 

Sur le conseil avisé du guérisseur local, les parents confient le petit George à une nourrice. Cela sauva certainement la vie du nouveau-né, car il est vraisemblable que Maria transmettait la tuberculose à travers son lait.

 

Très rapidement Georges révèle une véritable passion pour les groupes de musiciens qui viennent jouer dans la campagne. Il réclame un violon, rejette le jouet qu'on lui offre tout d'abord mais s'emploie à maîtriser le petit violon véritable, cette fois-ci, que son père lui apporte. Un musicien ambulant le prend en affection et lui enseigne les premiers rudiments de son art.

 

Enesco donne son premier concert à l'âge de 5 ans. Son père décide de le présenter à Eduard Caudella, l'un des plus grands compositeurs roumains de cette époque et directeur du Conservatoire de Iasi, la capitale de la Moldavie. Mais le jeune Enesco est à la fois buté et orgueilleux : il refuse de jouer devant Caudella tant que celui-ci ne lui a pas prouvé qu'il était capable de lui enseigner quelque chose! Caudella, heureusement, prend avec humour la réaction du garçon et accepte de jouer une brève pièce au violon. Caudella n'était pas un très bon violoniste, mais ce qu'entendit Enesco le combla.

 

Quelle musique extraordinaire, si différente de celle que jouent les lautars! Enesco apprend les bases de la musique savante. Quand Caudella le revoit, quelques années plus tard, il prend conscience que la culture nationale a peut-être enfin trouvé avec Enesco le très grand musicien que la Roumanie n'a jamais pu avoir. 

 

Une nation si riche musicalement a gâché un nombre considérable de talents à cause du manque de moyens, de sérieux ou tout simplement d'intérêt... Le génie en devenir d'Enesco doit s'épanouir à l'étranger. Caudella conseille à Costache d'inscrire son fils au Conservatoire de Vienne. Bien des années plus tard, Caudella écrira un concerto pour violon dédié à son ancien élève.

 

A Vienne, Enesco suit l'enseignement du grand violoniste Hellmesberger, de Robert Fuchs, de Sigismond Bachrich. Tous reconnaissent les aptitudes du jeune Roumain qui, à douze ans, joue avec grand succès les partitions de Sarasate, Vieuxtemps,  Mendelssohn et même Brahms, qui lui déclare son admiration. Enesco est pour sa part subjugué par la beaut du quintette avec clarinette de Brahms où il croit percevoir les échos de son lointain pays - alors que par les délicates harmonies de l'œuvre, Brahms évoque l'immense plaine hongroise, la puzta.

          

Vienne lui offre ses premiers opéras : il découvre Verdi, Mozart, Wagner, Massenet, Donizetti, Gounod, etc. Mais la capitale autrichienne, devenue la ville des plaisirs, fait la part belle à l'opérette. Le centre musical du monde, dorénavant, est Paris où une génération de compositeurs d'exception est en train de voir le jour. Hemmesberger recommande Enesco à Jules Massenet. En 1895, le Roumain, décoré de la médaille d'argent du Conservatoire de Vienne, rejoint la capitale française.

        

Au Conservatoire de Paris, il suit les cours de violon de Marsick, étudie le contrepoint avec André Geldage et la composition avec Massenet, remplacé l'année suivante par Gabriel Fauré. Les camarades de classe d'Enescu se nomment Maurice Ravel, Roger-Ducasse, Florent Schmitt...

        

L'étudiant en musique Georges Enesco est déjà un compositeur fertile. De ces années datent les quatre symphonies de jeunesse, les premières œuvres de musique de chambre, quelques mélodies et surtout la suite symphonique Poème Roumain, créée avec grand succès le 6 février 1898. Paris est sous le charme de ce jeune homme que la presse a déjà surnommé "Le nouveau Mozart", suscitant la jalousie d'une partie du monde musical qui se refuse à lui décerner la médaille d'or pour sa  première apparition au concours du conservatoire. Enesco l'obtiendra l'année suivante,quand il interprétera un concerto de Camille Saint-Saëns.

         

Dès lors, les œuvres d'Enesco sont attendues par un large public et se répandent rapidement. Les plus grands interprètes défendent ses rhapsodies roumaines (1901 - 1902), sa première suite pour orchestre (1903) et sa première ymphonie (1905) : Edouard Colonne et Gabriel Pierné en France, Gustav Mahler et Walter Damrosh à New York, Arthur Fiedler à Boston, Henry Wood en Angleterre, Willem Mengelberg aux Pays-Bas.



07/12/2011
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 4 autres membres